Pourquoi l’Italie a gagné l’Euro 2021

Pourquoi l’Italie a gagné l’Euro 2021

13 juillet 2021 2 Par Nicolas Basse

Le 9 juin, Serie A Mon Amour annonçait le sacre de la Squadra Azzurra lors de cette édition de l’Euro 2021. Voilà pourquoi l’exploit a eu lieu.


Parce que la forme


L’Italie entamait sa compétition sans avoir perdu depuis près de deux ans et demi. De quoi arriver serein. Et la phase de groupes (3-0 vs Turquie, 3-0 vs Suisse, 1-0 vs Pays de Galles) n’a fait que confirmer ce qui était attendu : une équipe très équilibrée entre défense bien assise (deuxième meilleure défense derrière l’Angleterre) et secteur offensif rôdé et dangereux (meilleure attaque du tournoi avec l’Espagne). Elle en est désormais à 34 matches sans défaite, à une unité d’égaler le record mondial.


Parce que la souffrance


L’Italie aime en baver. Cela a même tendance à lui titiller son orgueil et à la faire se surpasser. Là où d’autres équipes céderaient, elle trouve dans ses moments faibles des ressources inespérées qui lui permettent de relever la tête. Le 8e de finale contre l’Autriche (2-1 après prolongs) et la demie sans possession (29% pour l’Italie) face à l’Espagne (1-1, victoire aux t.a.b), l’ont prouvé. Maso, et fière de l’être.


Parce que Mancini


Roberto. Mancini. Le Joueur. L’Homme. Le Sélectionneur. Arrivé sur un champ de ruines après la non-qualification à la Coupe du monde 2018, lui seul croyait voir la Nazionale au sommet dès l’échéance internationale suivante. Un acte de foi, de patience, d’amour envers un groupe qu’il a refondé avec une finesse et une intelligence dignes des plus grands. Le tout entouré d’une équipe technique composée également avec malice, entre expérience et jeunesse, avec notamment Gianluca Vialli, Daniele De Rossi, Gabriele Oriali ou encore Alberico Evani.

Mancini le calme. Mancini l’émotion. Mancini la diplomatie. Mancini la justesse tactique. Mancini les bons choix. Comme avoir installé Di Lorenzo titulaire à droite au détriment de Florenzi, avoir confirmé la doublette Chiellini-Bonucci dans l’axe et sorti Locatelli du XI pour Verratti, malgré le début d’Euro sensationnel du milieu de Sassuolo.


Parce que le groupe


Bien sûr, la Squadra Azzurra aura aligné des joueurs de très haut niveau. Bien sûr, Donnarumma excellent sur sa ligne et joueur du tournoi, Spinazzola marchant sur l’eau jusqu’à la fin des quarts, Jorginho plaque tournante et machine à récupérer, bien sûr Insigne et surtout Chiesa, le bison fou.

Mais cette Italie aura fait la différence, comme marqué les esprits, par son unité. Son envie. Forcément, cet hymne hurlé. Évidemment, ces joueurs célébrant, ensemble, chaque six mètre gagné. Peut être moins visiblement, ce banc sous tension, complice, prêt à exploser à tout moment. Une équipe, une vraie, là où d’autres sélections n’ont pas affiché autant de solidarité.


Parce que Giorgio Chiellini


Nous écrivions, le 9 juin : « Cet Euro sera sûrement le dernier tour du défenseur avec son équipe nationale. Moins bon que les saisons précédentes, Go Go Gorilla va livrer la compétition de sa vie. (…) Le Turinois va sortir son plus beau vice, ses coups les plus bas, les extérieurs les plus improbables et ses relances les plus propres pour dire au revoir comme il faut. La défense de l’Italie vous inquiète ? Il sera là pour tenir la baraque, une dernière fois. »

C’était en-dessous de la vérité. Capitaine héroïque au milieu d’un groupe en pleine transition générationnelle, Chiellini, en plus d’avoir été irréprochable, aura sorti certains adversaires de leur match et lâché les (sales) gestes au bon moment. Notamment ce tirage de maillot à la gorge monstrueusement intelligent sur Saka lors du temps additionnel contre l’Angleterre en finale.

Qui a dit que 36 ans, c’était trop vieux pour être le meilleur défenseur du monde ?


À lire aussi : Italie, année 0

À lire aussi : Le « biscotto », traumatisme italien

Photo Icon Sport