Bruno Conti, romain éternel

Bruno Conti, romain éternel

16 mai 2022 2 Par Richard Coudrais

Parmi les joueurs italiens qui remportèrent la Coupe du monde 1982, Bruno Conti fut le plus spectaculaire. Le roi Pelé lui-même le désigna meilleur joueur du tournoi.


Les noms et les visages de Dino Zoff et Paolo Rossi se sont imposés dans les esprits comme figures de proue de l’équipe d’Italie championne du monde 1982. Pourtant, le joueur italien qui fut le plus remarquable et le plus régulier tout au long du mondial fut certainement Bruno Conti. Pelé lui-même l’a désigné comme le meilleur joueur du tournoi : « Il est le meilleur joueur que j’ai vu durant cette Coupe du monde 1982 », dira le roi.


Début progressif


Posté entre le milieu de terrain et l’attaque, le plus souvent côté droit alors qu’il est gaucher, l’attaquant de l’AS Roma, assez méconnu jusqu’alors, fait en Espagne l’étalage de son toucher de balle, de ses dribbles dévastateurs et de ses passes précises. Mobile et explosif dans chacune de ses actions, il agite les particules d’une attaque italienne quelque peu amorphe lors des premiers jours.

C’est lui qui inscrit contre le Pérou le premier but des Italiens dans le tournoi, en y mettant le style : un passement de jambes pour éliminer l’adversaire suivi d’une lourde frappe du pied droit qui va se loger juste sous la barre de Quiroga.


Profil : créateur


Reste que Bruno Conti est plus un créateur d’occasions qu’un finisseur. Toutes les attaques italiennes passent par lui et il est impliqué dans la majorité des buts inscrits par Paolo Rossi et consorts. Il ne rechigne pas en outre à venir défendre, usant de sa qualité de dribbles pour ressortir des ballons chauds là où ses coéquipiers moins habiles préfèrent botter en touche.

Bruno Conti a longtemps attendu avant de devenir un titulaire indiscutable de la sélection italienne. Il n’obtiendra sa première sélection qu’en octobre 1980, à l’âge de 25 ans, lors d’une rencontre au Luxembourg comptant pour les éliminatoires du Mondial espagnol. Le Romain ne quitte alors plus les Azzurri. En Espagne, il joue l’intégralité des sept rencontres de l’équipe italienne. Il comptera 47 sélections, la dernière à Mexico en juin 1986 où la sélection de Bearzot perd son titre de championne du monde en huitièmes contre l’équipe de France.


Légende de la Roma


Aussitôt après le mondial espagnol, Bruno Conti a connu la consécration en club en portant, avec le Brésilien Falcão, la Roma au Scudetto, alors que celui-ci semblait promis à l’armada étoilée de la Juventus. Le club romain attendait ce triomphe depuis quarante et un ans (il attendra le suivant pendant dix-huit ans…).

Douze mois plus tard, l’équipe dirigée par le Suédois Nils Liedholm est en finale de la Coupe des Champions, avec de bonnes chances de l’emporter puisqu’elle joue à domicile, au stade olympique de Rome. Mais les Reds de Liverpool s’imposent aux tirs au but. Bruno Conti n’a pas su peser sur cette finale comme il pesa en Espagne. Il manqua même son tir au but face au diabolique gardien Bruce Grobbelaar, lequel piégea également Francesco Graziani, un autre champion du monde.

A défaut d’avoir conquis l’Europe, Bruno Conti avait conquis le monde. Mais surtout il avait conquis Rome et le maillot giallorosso pour lequel il a consacré toute sa vie (si l’on exclut deux prêts au Genoa en tout début de carrière). Même les crampons rangés, il restera au service du club comme dirigeant, avec une parenthèse comme éphémère entraîneur en 2005.


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