Les Italiens qui ont remporté le Ballon d’Or

Les Italiens qui ont remporté le Ballon d’Or

11 avril 2022 5 Par Nicolas Basse

Ils ne sont que cinq joueurs italiens à avoir gagné le Ballon d’Or. Les voici, avec les faits d’armes ayant justifié leur récompense.


1961 – Omar Sivori – Juventus


Pas très grand (1m70), pas très costaud (70 kilos), l’Italo-argentin a de la prestance sur le terrain. Il sait très bien enrouler, créer des espaces, mais sa passion, c’est le dribble. Parfois à outrance. Ange et démon, Sivori est un artiste vicieux. Son placement compense sa vitesse relative, ses tirs malins font oublier son manque de puissance.

Arrivé de River Plate à la Juventus en 1957, Sivori passe du maillot albiceleste à celui de la Nazionale en 1961. Durant la saison 1960-1961, il constitue un duo offensif infernal avec le mythique gallois John Charles, tandis que le Trio Magico formé avec Giampiero Boniperti, en bout de course, n’est plus vraiment. En 27 matches, Sivori inscrit 25 buts en championnat et remporte le Scudetto. Dominer la Serie A « suffit » à remporter le Ballon d’Or malgré un parcours européen vite stoppé. Une récompense forte pour celui qui marquera, au total, 165 unités en 254 parties avec la Vieille Dame.


1969 – Gianni Rivera – AC Milan


Rivera, dit « Golden Boy », débute en Serie A dès ses 15 ans avec l’Alessandria et rejoint l’AC Milan l’année suivante pour y rester 19 saisons, jusqu’à la fin de sa carrière.

Numéro 10 élégant, généreux, dribbleur, Rivera remporte, entre autres, l’Euro 1968 avec l’Italie, la Ligue des champions 1963 ou encore réalise le doublé Serie A-Coupe des coupes en 1968. Mais son année 1969 est exceptionnelle : une nouvelle victoire en Ligue des champions en écrasant l’Ajax (4-1) en finale, puis la victoire en coupe intercontinentale. De quoi valoir à la légende de l’AC Milan le Ballon d’Or, devant son compatriote Luigi Riva.


1982 – Paolo Rossi – Juventus


C’est l’histoire d’un retour incroyable qui aura été primée, au moins autant que le joueur. Accusé d’avoir truqué un match (Avellino-Pérouse) dans l’affaire du Totonero, Paolo Rossi est condamné à trois ans de suspension en 1980. Rossi nie, fait appel, et voit sa peine passer à deux ans. Hors de forme mais aidé par la Juventus, son club formateur qu’il rejoint à nouveau pendant sa suspension, « Pablito » est appelé contre toute attente par le sélectionneur Enzo Bearzot pour la Coupe du monde 1982 en Espagne.

Le début de compétition est calamiteux, la fin est un summum footballistique. Rossi met un triplé contre le Brésil, plante un doublé face à la Pologne en demie et marque le premier but de la finale contre l’Allemagne de l’Ouest. Champion du monde, le renard des surfaces revient de l’enfer et fait coup double en s’assurant un Ballon d’Or pour la fin d’année.


1993 – Roberto Baggio – Juventus


Il Divin Codino explose aux yeux de l’Italie à la Fiorentina et passe un cap en 1990 en rejoignant l’ennemi : la Vieille Dame. Pendant cinq ans, Baggio fait le bonheur des Turinois par ses dribbles, sa technique hors-norme et sa vision. Surtout, le fuoriclasse incarne le jeu comme personne. C’est le joueur frissons ultime de la décennie.

Rapide, malicieux dans la surface, doté d’une lourde frappe, le virtuose finit la saison 1992-1993 seulement à la 4e place de Serie A mais remporte la Coupe UEFA et inscrit 30 buts. De quoi mettre la concurrence (Bergkamp 2e, Cantona 3e) très loin. Sa belle année avec les Azzurri, qu’il porte pendant les qualifications à la Coupe du monde, est un bonus non négligeable pour son Ballon d’Or.


2006 – Fabio Cannavaro – Juventus/Real Madrid


« Le Mur de Berlin ». Capitaine de l’Italie championne du monde 2006, Paolo Cannavaro livre un tournoi XXL, notamment en demi-finale face à l’Allemagne. Omniprésent, très fort dans les duels, incroyable au marquage, solide dans les airs malgré sa taille, précieux à la relance, le joueur formé à Naples et évoluant à la Juventus est le meilleur du monde à son poste.

Alors que la Vieille Dame est reléguée en Serie B à cause de l’affaire du Calciopoli, il suit Fabio Capello pour poser ses valises au Real Madrid, où il met plus de temps à s’imposer. Cela ne l’empêche pas de devancer Gigi Buffon, deuxième du Ballon d’Or, et Thierry Henry, troisième. Et oui Titi, il fallait gagner la Coupe du monde (et marquer dans les matches importants).


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