Rome et la folie des radios foot

Rome et la folie des radios foot

25 avril 2022 1 Par Nicolas Basse

Deux clubs, un quotidien unique et des dizaines de radios. La capitale italienne concentre les médias footballistiques et notamment la radio, comme l’explique Roberto Infascelli.


Roberto Infascelli est journaliste pour la radio romaine Teleradiostereo. Il revient sur l’incroyable densité des médias sportifs à Rome, pour couvrir l’AS Roma comme la Lazio.


Peux-tu te présenter ?


Roberto Infascelli, 40 ans. De 1989 à 2010 j’étais acteur, notamment dans le film et la série Romanzo Criminale. Depuis 2010-11 je suis présentateur à la radio. Au début pour la chaîne Retesport, avec une petite parenthèse, et désormais à Teleradiostereo depuis 2020. Je suis aussi journaliste.


Combien y-a-t’il de radios dans la région de Rome spécialement dédiées au foot ?


Alors, des radios professionnelles on en a 6 ! La mienne, Teleradiostereo, le plus écoutée sur la ville avec 100 000 écoutes par jour, ainsi que Retesport et Centro Suono Sport. Elles sont dédiées totalement à la Roma H24, 7 jours sur 7. Après, on a Radio Radio, qui s’occupe de la Roma et de la Lazio, et enfin les deux du côté Laziale : Radio Olympia, qui fait partie du groupe de ma radio, et Radiosei, du même groupe que Retesport. Mais du côté AS Roma il y a aussi de nombreuses petites radios amateurs, et au moins 15-20 web radios !


Les radios générales d’information ont-elles des émissions dédiées au football ?


Absolument. Quasiment toutes les chaînes radio en Italie ont au minimum une fenêtre ouverte sur le foot. Le minimum pour donner les résultats et l’actualité, voire bien plus.


Sur ta radio, comment se déroule une journée classique ?


Il y a différents formats tout au long de la journée de nos auditeurs. On commence à 6h du matin avec un programme pendant lequel nous lisons les journaux et pour dire bonjour à la ville, et ce jusque 10h. De 10h à 14h, il y a notre programme de pointe, avec les personnages importants de la radio. Après se trouve mon espace qui démarre à 14h et se finit à 17h. On donne les nouvelles et on emmène progressivement l’auditeur vers le prime time, qui se situe entre 17 et 20, quand les gens sortent du travail, sont en voiture. Ma radio est également en live à la télé, les auditeurs peuvent la suivre. Ensuite de 20h à 22h ça dépend de s’il y a des matches ou non, et ça continue sans cesse. Tous les jours, tout le temps. Avec, globalement, les mêmes émissions aux mêmes horaires.


Y’a-t-il beaucoup d’anciens joueurs de la Roma qui sont devenus consultants ou chroniqueurs ?


Plein ! Chez nous on à très souvent Ubaldo Righetti, champion d’Italie 1982/83 avec la Roma mais aussi Marco Delvecchio (l’homme des but contre la Lazio et champion 2000/2001), le gardien historique Giovanni Cervone, l’ancien capitaine Giuseppe Giannini et les deux latéraux de la première Roma de Spalletti : Max Tonetto et Marco Cassetti. Mais, en général ils sont surtout à la télévision ou aux commentaires. Même sur Sky ou DAZN. En général, ils sont très bien vus.


Et au niveau des journaux ?


Les journaux sportifs en Italie sont au nombre de trois : Corriere dello Sport (Roma/Lazio), la Gazzetta dello Sport (Inter/Milan) et Tuttosport (surtout Juventus, et Torino). Il y a aussi, évidemment, tous les journaux généralistes qui accordent une vraie place au sport, et notamment au foot. En plus, la Roma est le seul club au monde qui a un journal totalement dédié a l’équipe : Il Romanista. Un vrai journal, fait de vrais journalistes de Rome, avec un énorme travail, que j’aime beaucoup.


Rome est-elle une des villes avec le plus de médias dédiés au football en Italie ?


Oui, sans aucun doute. Naples a aussi des radios, et après, c’est tout. Ce phénomène de radios est très propre à Rome. À Turin, à Milan, ils n’ont pas ces radios dédiées, ils ont des formats télé.

Ma radio a en moyenne 100 000 écoutes par jour. Plus 25 000 via le live de la radio à la télé. Plus la chaîne Twitch. Et ce n’est que une des radios à Rome. Par jour, tu peux avoir 400 000 personnes qui suivent les radios pour avoir des nouvelles de la Roma, c’est incroyable.


Les médias et radios de foot à Rome subissent-ils de la pression de la part des fans et des clubs ?


Pression, c’est peut-être un mot un peu fort. Comme radio, et comme toutes les autres qui font ce travail, on a des haters sur les réseaux sociaux. Il faut comprendre que pour un tifoso de la Roma, le club est aussi important qu’un parent, donc ils peuvent réagir comme si tu parlais mal de leur mère ou leur soeur.

La Roma, que je connais, ne met pas de pression ou ne te dit pas ce qu’il faut dire/pas dire. Néanmoins, on peut quand même dire que le club « contrôle » la situation. Dans une précédente radio, le directeur sportif de l’époque Sabatini avait poursuivi des informations de la radio en justice. Mais pour ce qui est des opinions, on n’a jamais eu de problème.


Est-ce difficile de travailler sur le club que l’on aime ?


Je suis pas la meilleure personne pour répondre. Parce que je ne dois pas être objectif ! Je m’explique, j’essaye d’être le plus objectif possible, même sur les arbitres, les problèmes… Mais je suis quand même abonné en Curva Sud depuis 30 ans et c’est une radio sur la Roma. Sur les télévisions comme Sky et DAZN, ce n’est quasiment jamais dur. Et puis la plupart des journalistes sont très professionnels. Ce qui est drôle, c’est que avant, beaucoup sont passés dans des radios comme la mienne !


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