Paroles de supporters #6 : « Vivez un match du Napoli chez l’habitant ! »

Paroles de supporters #6 : « Vivez un match du Napoli chez l’habitant ! »

8 janvier 2021 0 Par Nicolas Basse

Parce que certains vivent pour leur club et/ou parcourent des milliers de kilomètres pour soutenir leur équipe, il fallait donner la parole aux acteurs les plus importants du football. Épisode 6 avec Baptiste, fan du Napoli.


Depuis quand es-tu supporter de Naples ? Pourquoi ?

Je suis supporter de Naples depuis un peu plus de 10 ans, j’avais 16 ans à l’époque je crois. Le pourquoi est assez simple : toute ma famille du côté de mon père vient de Naples et habite là-bas, du coup depuis tout petit j’ai vécu avec ce club, sans forcément m’y intéresser jusque-là.

Puis un jour j’y ai goûté, accompagné d’un cousin, c’était au tout début de l’époque Mazzarri, on s’est posés devant un streaming bulgare tout pourri, et quand j’ai vu dans quel état cette équipe pouvait nous mettre, j’ai plus jamais voulu la lâcher.


Quand as-tu été au stade pour la première fois ? Y vas-tu souvent ?

Je n’ai été au stade que très tard, je ne saurais expliquer pourquoi, sûrement car pendant longtemps je n’allais plus à Naples. Mon premier match était inoubliable, c’était un Napoli – Juventus dans un San Paolo bondé… Vraiment une claque pour une première, mais j’imagine que tout le monde prend une claque pour sa première au San Paolo.

Ça peut paraître bizarre pour un tifoso de Naples, mais non, je ne vais pas souvent au stade. On parle beaucoup de l’ambiance dans le stade à Naples, mais vivez un match du Napoli chez l’habitant, ou bien même dans un simple bar de la ville, c’est unique, je le conseille fortement, vous allez tellement rire.

As-tu des habitudes avant/après un match quand tu vas à Naples ? Et chez toi ?

Je n’ai pas spécialement d’habitudes d’avant-match, je suis suffisamment stressé comme ça, ma copine sait juste qu’il ne faut pas me déconcentrer !


Suis-tu les équipes autres que la A ?

Non je ne suis que la A, la gestion du secteur jeune est assez chaotique comme ça.


Naples est souvent victimes de « moqueries régionales » disent certains. Acceptable ou vrai racisme, discrimination, selon toi ?

Je pense que c’est comme tout, on peut nous prendre en grippe, ça fait partie du jeu, mais il ne faut pas aller trop loin non plus. Souhaiter la mort de tout un peuple en invoquant le Vésuve, je trouve ça inacceptable. Les tifoserie italiennes ont beaucoup de progrès à faire de ce côté-là selon moi. Dans certains stades, on se croirait vraiment au moyen-âge.


Arrives-tu à conjuguer ta vie avec cette passion ?

Maintenant j’y arrive beaucoup plus qu’avant. De mes 16 à 25 ans, c’était vraiment tendu. Mes journées tournaient autour du match du soir, mon humeur dépendait du résultat, et ce sur plusieurs jours… Ça, je ne veux plus. Aujourd’hui j’ai pris du recul, je pense que c’est mieux, ou c’est peut-être la vieillesse !

Plus sérieusement, aujourd’hui j’ai une famille avec qui je veux passer le plus de temps possible, et un travail avec plus de responsabilités, du coup « j’équilibre » ma passion, je trouve ça plus sain.


De Laurentiis, on en pense quoi ?

La club est bien géré, ça il n’y a rien à dire. Les comptes sont dans le vert, et c’est tant mieux. De Laurentiis ? Je ne lui veux que du bien, si nous en sommes là aujourd’hui, c’est grâce à lui. Mais très honnêtement ? Je pense qu’il a atteint son plafond de verre, il n’ira pas plus haut.

Il ne vit plus avec son temps, le football a changé, lui non. Des mercatos au rabais et une politique d’achat-revente, c’est non. Ce n’est pas avec cette politique qu’on réalisera le rêve de millions de tifosi. C’est triste à dire, mais je rêve que le club soit racheté aujourd’hui.


Gattuso t’inspire quoi ?

C’est un homme en or, sans même le connaître personnellement, tu l’écoutes une ou deux fois en interview et tu le sais, le mec transpire les valeurs qu’on aime à Naples. C’est un homme du Sud et je pense qu’il s’est retrouvé chez nous, nous sommes un club fait sur mesure pour lui. C’est un coach qui fera mouiller le maillot à ton équipe, si les joueurs ne transpirent pas pour un tel coach, faut arrêter le football. Tactiquement je pense qu’il a encore des progrès à faire cela dit, personne n’est parfait !


Jamais eu de baisse d’amour pour le club ?

Non, j’ai toujours cette phrase de Cantona qui explique qu’on n’a qu’un seul club dans le coeur. Cela n’empêche pas de s’intéresser à d’autres équipes, ça fait partie du recul que j’expliquais. Ça fait du bien de voir un autre football aussi. J’aime beaucoup le PSG, j’ai même été au Parc avant d’aller au San Paolo, un an ou deux avant le rachat de QSI, comme quoi.


La mort de Maradona, que tu n’as pas connu joueur, ca te fait quoi ?

La perte de Diego, c’est tragique. C’est une partie de moi, une partie de ma vie, et une partie de mon football qui s’en va. Diego c’est le premier souvenir que j’ai de près ou de loin avec le Napoli, car en grandissant c’est de lui que me parlait mon grand-père en me montrant des VHS de ce dieu vivant qui avait choisi Naples pour la porter sur le toit de l’Italie, au nez et à la barbe des clubs riches du nord.

Au-delà du football, c’était une leçon de vie qu’il m’enseignait. Ça ne change rien que tu l’aies vu jouer ou non, tu te poses deux minutes, tu réfléchis à ce qu’il a fait dans sa vie, et tu comprends qu’il était grand. Je pense qu’il y aura un avant et un après Diego dans ma vie, il représentait énormément pour moi.


Quel est ton meilleur souvenir lié au Napoli ?

Mon plus beau souvenir avec le Napoli ? C’est dur d’en choisir qu’un… La finale de la Coupe d’Italie contre la Juve, et Cavani qui fait exploser tout un stade ? Allez, pour être plus original, je pense que c’est la saison de la fameuse campagne de Champions League où on se fait sortir par Chelsea.

Oui on a perdu, oui on s’est fait sortir, mais les sentiments étaient incroyables, quand toute ta vie tu suis un club où tu as l’impression qu’une fois sorti de Naples, plus personne ne connait ton club, et que du jour au lendemain tu vois tout le monde se demander « Mais c’est quoi ce club du sud de l’Italie qui était en Serie C il y a 10 ans de ça, qui aujourd’hui fait trembler les plus grands ? » c’est unique comme sensation.


Quel serait ton onze de coeur ?

J’ai déjà fait mon 11 de coeur très récemment sur le Napoli France, je t’invite à aller le voir !


Tu dirais que le club représente quoi pour toi ?

Mon côté « romantique » du football je pense, le côté famille, racines… C’est viscéral.


C’est quoi, tes autres passions ?

J’ai beaucoup de passions, pour rester dans le sport, je suis un gros fan des sports US, surtout la NHL et la NFL ces dernières années. Autrement, j’ai ma tête plongée dans les bouquins 365 jours par an.


Tu fais vivre la communauté napolitaine francophone depuis longtemps sur les réseaux. Pourquoi t’es tu lancé là-dedans ? Ca t’a apporté quoi ?

Je me suis lancé dans l’aventure de tenir un compte francophone sur le Napoli pour partager ma passion en fait, tout simplement. Après, la communauté grandit de plus en plus, et tu te rends comptes que t’es plus si seul que ça ! Ce que ça m’apporte de plus important, c’est ce sentiment dont je parlais dans les bars de Naples : être entre passionnés, et vivre les bons et les mauvais moments, mais être ensemble.

Le site de SSC Napoli France

À lire aussi – Dalla Bona : « On a mis 5 heures de l’aéroport jusqu’à Naples »

À lire aussi – La carte de la Serie A gourmande, un club/un plat

Photo Icon Sport