Terrains de football insolites du nord de l’Italie

Terrains de football insolites du nord de l’Italie

9 août 2017 3 Par SAMA

En voyage, qui n’est jamais tombé sur des terrains de football à des endroits totalement inattendus? En voici quatre improbables croisés, fin juillet, dans le nord de l’Italie. Garanti 100% évasion.

Les murailles de Bergame

La légende raconte que la cité existe depuis 2500 avant JC. En tout cas, les historiens s’accordent pour dire que Bergame a au moins 2000 ans d’existence. En montant les petites ruelles pavées menant à la ville haute (la Città Alta), un sentiment troublant vous fait comprendre que, effectivement, le lieu est chargé d’histoire. Une sensation confirmée quelques minutes plus tard en débouchant sur les remparts entourant la vieille ville, dont la plupart des bâtiments qui la compose date de la Renaissance. Pénétré dans ce lieu hors du temps, seuls les quelques magasins, scooters et les vêtements des passants vous rappellent que vous n’avez pas sauté dans le temps, jusqu’à ce que vous tombiez sur cet immanquable terrain de football, au pied des murailles. Comment y accède-t-on ? Qui y joue ? Combien de ballons ont été perdus dans les folles descentes qui l’assiègent ? Tant de mystères qui s’accordent merveilleusement à la ville multimillénaire.

Les murailles et le terrain de Bergame. Photo Nicolas Basse

Le stade de Côme

Le nom « Côme » évoque une ville assez luxueuse, un lac entouré de collines, de petits villages colorés, une eau limpide et quelques bateaux de plaisance, le tout dans un écrin divin. C’est d’ailleurs pourquoi une certaine partie de l’Italie du Nord, surtout des personnes assez aisées, vient y chercher le repos et le soleil, loin du bruit des classes moyennes qu’elle dédaigne depuis l’éternité. Voilà pourquoi, sur la promenade du bord du lac, après avoir croisé le Yacht Club et l’Aéroclub de Côme, tomber sur le stade assez vétuste de la ville surprend. Seul ce stade Giuseppe Sinigaglia, métallique et âgé de 90 ans, donne une âme populaire, vivante et concrète à cette ville. Reste à savoir si pour cette saison de Serie B, les 13 000 places seront remplies.

Le stade de Côme. Photo Nicolas Basse

La ville de Côme. Photo Nicolas Basse

Les arènes de Milan

Pour tout connaisseur, le football, à Milan, se trouve à San Siro/Giuseppe Meazza, un des temples européens de ce sport. Construit dans sa première version en 1925, on pourrait croire qu’il s’agit du plus vieux stade de la ville. Et pourtant, ce n’est pas le cas. Une autre enceinte, bien plus ancienne, se trouve dans le parc du château Sforzesco : l’Arena Civica. Construite sur ordre de Napoléon Ier en 1807 pour des spectacles et des représentations, elle fut utilisée dès la fin du 19e siècle afin d’accueillir des rencontres de football. C’est là que le premier Italie-France de l’histoire s’y déroula en 1910 et vit les Bleus s’incliner sur le score de … 6-2 !

L’Arena Civica à Milan. Photo Nicolas Basse

Dans les Alpes italiennes

Le parc national du  Gran Paradiso, fondé en 1922, est le plus ancien d’Italie. Loin des villes, à quelques kilomètres du Mont-Blanc et de la frontière française, sa première fonction consistait à protéger les chamois, bouquetins, rapaces et marmottes en danger dans la région. Aujourd’hui, il offre certaines des plus belles randonnées alpestres. Autrement dit, le genre d’endroit où le football ne semble pas vraiment avoir sa place. Et pourtant, au pied de la montagne, dans une prairie, deux cages blanches. Pas de lignes tracées, des hautes herbes, mais rarement un terrain aura autant respiré le football et rappelé qu’il n’a ni limites ni frontières.

Un terrain de foot dans les Alpes. Photo Nicolas Basse

Mais qui y joue ? Des touristes ? Des randonneurs ? Les vieux du village passant leur vie à discuter sur un banc et tenant leurs canes ? Au bout de quelques minutes, des enfants sortis de nulle part arrivent, avec un ballon. Les buts sont rapprochés et les filets soigneusement remis. Et oui, où qu’il soit pratiqué, le football reste un art sérieux où la méticulosité est de mise.

Remettre les filets. Photo Nicolas Basse

Bonus

Bergame ayant vu passer le Giro cette année, ses routes n’ont pas manqué d’être crayonnées. Mention spéciale à l’anonyme ayant donné ce conseil digne des plus grands nutritionnistes : “moins d’EPO, plus de Polenta” !

Le conseil du jour. Photo Nicolas Basse

@nicolas_basse