“C’est Maradona qui m’a fait aimer le foot”

“C’est Maradona qui m’a fait aimer le foot”

6 novembre 2015 0 Par SAMA

Sur Twitter ils s’égosillent, provoquent, distillent des informations précieuses, beuglent leur passion ou commentent de matchs en direct. Grâce à eux, suivre le football Italien est devenu plus facile, émouvant ou très drôle. Puisqu’ils font vivre le Calcio, nous avons décidé de les interviewer. Voilà Baptiste, présent sur SSC Napoli France.

Peux-tu te présenter ?

J’ai bientôt 22 ans, j’enchaîne les CDD après des études de commerce et je pratique le football et le basket en loisirs. Mon père est de Naples, tout comme mes grands-parents.

C’est pour cela que tu es supporter du Napoli ?

Oui, depuis tout petit, même si à l’époque l’exposition du club était bien moindre. Mon grand-père me montrait des cassettes de Maradona, Careca, Giordano… C’est en 2007, avec les arrivées de Hamsik et de Lavezzi, que la ferveur autour du club est revenue complètement et que j’ai suivi intensément Naples.

Quel joueur et quel souvenir t’ont marqué ?

95% des Napolitains répondraient Maradona et c’est normal, car il m’a fait rêver, même si je ne l’ai pas vu en direct. C’est lui qui m’a fait aimer le football. Maintenant, je dirais surtout Hamsik car c’est un joueur qui a gardé des valeurs à l’ancienne, loin du foot business. Il représente très bien la ville. C’est rare qu’en 2015 un joueur préfère rester dans un vrai bon club plutôt que de signer dans une des 5 meilleures écuries d’Europe, ce qu’Hamsik a fait. Je l’admire d’autant plus que c’est un joueur discret et efficace. Beaucoup l’ont annoncé fini, en-dessous, mais il est toujours là, parmi les tous meilleurs joueurs du championnat avec des statistiques très intéressantes.

Coté souvenir je dirais la victoire au San Paolo contre Chelsea, en 8èmes de finale de la Ligue des Champions (3-1, en 2011/2012). Cela signait notre vrai retour sur la scène européenne. J’aimerais aussi parler de notre retour au premier plan en Serie A assez fulgurant. Nous remontons en 2007 et dès 2010 nous finissons sur le podium !

Que penses-tu de Maurizio Sarri, le nouvel entraîneur ?

SarriSans vouloir me vanter, j’ai été un des premiers à croire en lui quand son nom était évoqué. Certains étaient déçus, auraient aimé Spalletti, moi j’étais plutôt confiant car avec Empoli ils produisaient un jeu magnifique l’année dernière. Un régal à regarder. C’est vrai qu’il y a un peu une malédiction d’avoir un Napolitain coach à Naples, mais je n’étais pas paniqué. Il comprend la ville, c’est un homme du peuple et il a réussi à produire très vite du beau jeu, solide. Son adaptation n’a pas été longue et c’est tant mieux.

À quand l’achat d’un défenseur sérieux pour épauler Koulibaly ?

L’année dernière je me suis arraché des cheveux à cause de la défense. Heureusement qu’il y a Koulibaly. Cela fait longtemps que je n’ai pas vu un défenseur comme ça en Serie A, avec des interventions fermes et un impact impressionnant. Sur le terrain il est admirable et c’est une personne en or. Il est en train de passer un cap et continue à rester les pieds sur terre. C’est vraiment dommage que Deschamps ne l’ait pas appelé car désormais il a choisi la nationalité Sénégalaise… Concernant la défense, nous avons trouvé un bon équilibre cette année. Sur les cotés, Ghoulam assure et Hysaj (à droite) confirme son potentiel. À coté de Koulibaly, Albiol est un peu limite et Chiriches ne m’a pas déçu en Europa League. Je pense qu’un grand défenseur ferait du bien, mais nous sommes équipés pour faire une belle saison sans couler derrière.

Allan, meilleure recrue du mercato ?

Tout à fait. Un des plus jolis coups réalisé tous championnats confondus cet été (acheté 12 millions d’euros à l’Udinese). Je me souviens de l’année dernière où il avait mangé Pogba lors d’un match contre la Juventus… J’étais très impressionné. Ce joueur représente un mélange de fougue, de jeunesse mais aussi d’expérience de vieux briscard malgré ses 24 ans. Il ne fait aucun doute qu’il sera bientôt appelé en équipe du Brésil. Petite mention pour Reina au passage, qui nous rassure derrière.

Un mot sur Decibel Bellini, le speaker du Napoli et star du web ?

À Naples, sur les réseaux sociaux et en Italie, il fait beaucoup parler de lui. Dans la rue, les gens le reconnaissent, veulent être pris en photo à ses cotés. Je sais qu’il ne comprend pas son statut de “star”, mais il est le premier dans la Botte à avoir fait le travail de speaker avec autant de charisme et de ferveur. Sa réputation me procure de la fierté car cela veut dire que les gens associent Naples avec ambiance.

Quel sentiment éprouves-tu pour les autres clubs Italiens ?

Pas de haine, mais la rivalité avec les clubs du nord de l’Italie est bien réelle. Au fond, je sais qu’il n’y a rien de bon à tirer de cette haine et j’aime voir des exemples comme Alessandro Del Piero qui n’hésitait pas à poster des photos de lui à coté du Vésuve avant ou après des matchs contre Naples et qui n’est jamais tombé dans la provocation ou l’irrespect.

Justement, où en sont les clubs du sud ?

Je suis un grand partisan du royaume des deux Siciles, cette ancienne Italie où le sud était “roi” et c’est vrai que pour faire un lien avec le football moderne, je trouve dommage d’avoir si peu de clubs compétitifs dans le sud de l’Italie. Si on prend à partir de Rome, il n’y a que les deux équipes de Rome et Naples qui jouent en haut du tableau. On est dans une situation presque irrécupérable maintenant quand on connaît notre situation de crise. C’est dommage que durant toutes ces années nous n’ayons pas su développer ce sud de l’Italie, si riche en jeunes joueurs de talents qui finiront par faire leur valises pour le nord ou l’étranger.

Un souhait pour la saison ?

Même si on parle beaucoup de nous pour le Scudetto, je préfère espérer un retour sur le long terme du beau jeu, comme à l’époque du trio Hamsik-Lavezzi-Cavani. J’ai envie que les joueurs mouillent le maillot, fassent un grand parcours en Europa League et obtiennent la qualification pour la C1 en fin d’année. Devant, avec Insigne, Gabbiadini, Hamsik, Higuain, Mertens et Callejon, nous sommes bien équipés. Si personne ne se blesse, on peut tout espérer.

@nicolas_basse