Top 10 des assassins de Serie A

Top 10 des assassins de Serie A

20 avril 2015 3 Par SAMA

On les appelle “bouchers”, “trancheurs”, “découpeurs”. Les sachant sur le terrain, on s’attend à tout moment à un carton rouge causé par un tacle à retardement ou grâce à une semelle savamment placée dans le plexus de l’adversaire. Des gestes parfois aussi beaux qu’un coup-franc en pleine lucarne. Parce qu’on adore les haïr alors que, secrètement, ils nous font rêver, il était temps de rendre hommage aux plus grands assassins de Serie A des années 2000.

Le cercle des poètes disparus

“Mais non, moi je suis gentil”

 10 – Daniele Conti

Son père, Bruno, a remporté la Coupe du Monde 1982 avec l’Italie et sacré champion de Série A avec l’AS Roma en 1983. Lui entame sa 16 saison à Cagliari,  club dont il est le capitaine depuis plusieurs années. Déjà pas mal quand on sait à quel point réussir dans le football est difficile quand son père y a fait carrière. Mais alors que le paternel était un étincelant ailier, son sosie de fiston évolue devant la défense, ratisse et récupère ce qui passe, avec force si besoin. Doté d’une frappe de mule, il se distingue surtout par ses interventions rugueuses. Preuve en est, il culmine à la 5ème place ex aequo du classement des joueurs de Série A ayant reçu le plus de cartons rouges, avec 11 unités. À 36 ans, il sera compliqué pour l’éternel numéro 5 de monter sur le podium.

Fin de soirée

Fin de soirée

 9 – Daniele De Rossi

Le Capitan Futuro aura 32 ans cette année et peut déjà être satisfait de sa carrière. En équipe d’Italie, il affiche 100 matchs joués pour une Coupe du Monde gagnée en 2006 et une finale de Championnat d’Europe en 2012. En club, 15 années de bons et loyaux services pour l’AS Roma, avec près de 51 buts en quasiment 500 matchs joués et un titre de meilleur sportif Italien en 2010. Pouvant se positionner un peu partout au milieu, il joue milieu défensif. Vision du jeu, grosse frappe et un physique impressionnant en font un des meilleurs au monde à son poste. À chaque match il récupère un nombre de ballons inimaginable à l’épaule, en taclant ou en anticipant les trajectoires, et les ressort proprement. Non content de toutes ses qualités, Daniele a un petit penchant pour la simulation mais a surtout énormément de mal à ranger ses coudes en sautant et à ne pas partir semelle en avant à l’abordage des tibias adverses. En même temps, en voyant sa barbe et ses yeux fous, qui choisirait sciemment de croiser le chemin de De Rossi ?

“Cible verrouillée”

 8 – Mark Van Bommel

Le milieu défensif hollandais, aujourd’hui retraité, peut se targuer d’avoir joué au PSV Eindhoven, au Barca, au Bayern et à l’AC Milan. Dans chaque pays, il aura remporté au moins une fois le championnat et affiche à son palmarès une Champion’s League sous les ordres de Rijkaard à Barcelone ainsi qu’une finale de Coupe du Monde en 2010, perdue contre l’Espagne. Si son CV impose le respect, Mark Van Bommel inspire surtout la peur. Adepte du trash-talking, ce grand vicieux n’a pas passé un match sans s’essuyer les crampons sur un adversaire ou sans distribuer quelques coups. Pourtant, malgré cette réputation de serial-découpeur, il n’aura récolté que 7 cartons rouges durant sa carrière et aucune de ses victimes n’aura souffert de fracture. Grand seigneur.

“J’ai une de ces envies de tibia…”

 7 – Lorik Cana

Au PSG, puis à l’Olympique de Marseille et à la Lazio de Rome, tous ses coéquipiers le décrivent comme un homme très gentil et un professionnel modèle. Dans chaque club, il s’est imposé en milieu défensif avant de reculer doucement d’un cran à Rome, avec à ses cotés Basta, De Vriij et Radu. Un quatuor de poètes dans lequel Cana se montre le plus lyrique. Si ses prestations sont convaincantes et dans le ton, il lui arrive de partir dans des solos fous, ponctués notamment de sa grande spécialité, les tacles par derrière. Pour sa créativité, il a déjà récolté 10 cartons jaunes et 2 rouges cette saison. Un peu en-dessous de ses dernières années. Mention spéciale à sa façon, toujours aussi innocente, de s’étonner lorsque l’arbitre siffle faute.

L'Uruguayen à Bologne

L’Uruguayen à Bologne

 6 – Diego Perez

Notre coup de coeur. Un des milieux de terrain les plus sous-estimés des années 2000. Quand il arrive à Monaco en 2004, il est barré par les artistes que sont Andreas Zikos et Lucas Bernardi. Petit à petit, il gagne sa place de titulaire. Pendant 6 années, il sera indéboulonnable dans le milieu de terrain monégasque sous les ordres de Guidolin, Banide puis Ricardo. À l’image de Gattuso, Diego Perez court partout, se bat sur chaque ballon et s’engage à 100% dans tous les contacts. À la Coupe du Monde 2010, il est le vice-capitaine de l’Uruguay et atteint les demi-finales avant de se faire battre par les Pays-Bas. Durant la compétition, il porte littéralement son pays en bouclant le milieu de terrain et en relançant des dizaines de bons ballons. Malgré son niveau hors-norme en Afrique du Sud, il quitte Monaco en 2010 pour Bologne et contre seulement 1,5 millions d’euros. Très bizarrement, aucun grand club n’essaie de s’attacher ses services. Peut-être parce qu’il a tendance à penser que les jambes de ses adversaires sont une extension du ballon et qu’il peut donc les frapper et les maltraiter à sa guise.

En 2004, au Milan

En 2004, au Milan

 5 – Jaap Stam

De 2001 à 2006, le géant hollandais sillonne les terrains d’Italie avec le maillot de la Lazio puis de l’AC Milan. Il y côtoie Mihajlovic, Nesta, Mendieta, Crespo, Maldini, Pirlo… du beau monde. Intraitable au marquage, chez lui dans les airs, le défenseur central au visage de néonazi drogué est considéré au début des années 2000 comme un des meilleurs à son poste. Et ce n’est pas son palmarès qui dira le contraire, puisqu’il a à peu près tout gagné en Angleterre, en Italie, aux Pays-Bas et sur la scène européenne. Seule ombre au tableau, sa facilité à sortir de ses gonds et ses longues jambes parfois plus utilisées pour taillader un attaquant que pour l’arrêter régulièrement.

Encore un chauve

Encore un chauve

 4 – Walter Samuel

Son surnom ? “Le Mur”. L’Argentin a été un des grands artisans du triplé magique de l’Inter Milan en 2010 sous les ordres de José Mourinho. Avec Lucio, il forma une des meilleures charnières de la fin des années 2000, basée en grande partie sur l’expérience de ces deux joueurs ayant connu des clubs comme le Real Madrid ou le Bayern Munich. Pourtant, Walter a plus la tête du gars qui fume son joint entre deux matchs de 6 contre 6 le dimanche matin que d’une caution tous risques derrière. Mais l’Argentin est un vieux briscard. S’il défend aussi bien, c’est qu’il sait user de tout son corps dans les duels, et notamment de ses coudes et de ses bras, avec cette habitude d’accrocher tout ce qui lui passe sous la main. Didier Drogba s’en souvient encore. Mais comme tout assassin qui se respecte, Samuel possédait la science du tacle au-dessus du genou.

Gominé

Gominé

 3 – Gennaro Gattuso

Un chien au caractère porcin. Si on devait partir à la guerre, ce serait le premier que l’on prendrait dans nos rangs. Peut-être le milieu défensif le plus acharné de tous les temps. Une endurance extraordinaire, un sens du placement inné, une combativité à toute épreuve. Il fallait au moins ça pour compenser sa technique très limitée. Beaucoup de grands joueurs ont désigné le joueur de Milan comme leur plus grand cauchemar en tant qu’adversaire. Et comment ! Avec Gattuso en face, pas une seconde pour faire un contrôle tranquillement, pas de place pour une passe à la précision douteuse. Pendant 90 minutes, il courait partout. Tout le temps. Un engouement entraînant forcément quelques dérapages : des pieds qui traînent, des mauvais coups, des coups de gueule, des tacles les deux pieds décollés. Pour Gattuso, tout était autorisé tant que cela conduisait à la victoire. Comment le lui reprocher ?

Le vice incarné

Le vice incarné

 2 – Marco Materazzi

Le joueur italien préféré des Français. S’il est en partie connu pour avoir animé la finale de la Coupe du Monde 2006 (il égalise à 1-1 et fait sortir Zidane de ses gonds, le poussant à l’expulsion en payant de son sternum), Marco Materazzi en a caressé des tibias et des pommettes pendant sa carrière. Et il en aura rendu plus d’un fou avec ses insultes cradingues et familiales. Transféré à l’Inter en 2001 pour pallier au départ de Laurent Blanc, il y restera 10 ans. Au palmarès, 5 scudettis, 4 Coupes d’Italie, une Ligue des Champions et une Coupe du Monde. Pas mal. Adepte des petites phrases assassines, le grand défenseur central n’est pas avare en meurtre sur la pelouse. Ibrahimovic, Shevchenko, Trezeguet, il aura mis les plus grands attaquants à terre à base de semelles sur le pieds, de fauchages affreux ou de pieds dans les parties génitales. Très efficace, mais pas beau à voir.

“Tu cherches les problèmes ?”

 1 – Paolo Montero

Recordman de cartons rouges en Série A, avec 16 unités à son compteur. On pourrait s’arrêter là. Pour les exigeants : il était surnommé Terminator, même par ses coéquipiers, parmi lesquels Tudor, Edgar Davids, Iuliano, Mirkovic ou encore Tacchinardi, de fins connaisseurs. Avec la Juventus de Turin, il gagne 5 scudetti, une coupe intercontinentale, une Ligue des Champions et… une Coupe Intertoto. Bien loin des tirages de maillot et des petits coups en douce, Paolo Montero préférait les bons gros tacles bien nets au tibia ou au genou et les bonnes vieilles embrouilles. Un puriste.