Pourquoi Parolo est meilleur que Matuidi

Pourquoi Parolo est meilleur que Matuidi

17 juin 2016 0 Par SAMA

Ce début d’Euro aura permis de faire tomber une imposture, celle érigeant Matuidi parmi les meilleurs au monde à son poste. Un statut auquel Parolo pourrait, lui, prétendre.

Des remontées de balle fantastiques, des buts incroyables, une activité hors du commun, un troisième, voire un quatrième poumon, des courses dans tous les sens, un joueur qui ne s’économise pas, un sens du jeu rare, l’égal des meilleurs… Longtemps, le mythe Blaise Matuidi aura tenu. Et si la presse et certains chroniqueurs habitués au copinage ont tout tenté pour imposer leur vision factice comme une vérité, beaucoup y auront cru au moins en partie. Dont nous.

Aveu légèrement honteux mais qu’importe. Il faut dire que Matuidi est un joueur spectaculaire, loin d’être mauvais, pièce maîtresse du milieu de terrain du PSG et fidèle au poste. Toujours à faire l’effort, à se donner pour l’équipe, à finir les matchs avec un kilométrage impressionnant au compteur. Matuidi ne s’avoue jamais vaincu, récupère toujours un grand nombre de ballons et a déjà mis de belles frappes. Son état d’esprit est irréprochable. Il saute partout. Mais est-ce vraiment à ça qu’on reconnait les plus grands joueurs ?

Parce que… le révélateur des grands matchs

Pourtant, force est de constater que plus les matchs sont de haut niveau, plus le déchet technique du milieu gaucher augmente, là où les tous meilleurs parviennent à garder une stabilité dans leurs prestations. Face aux plus grands adversaires et aux mouvements rapides et travaillés, Matuidi est plus souvent à la ramasse, à contre-temps. Comme s’il n’arrivait pas à lire assez vite le jeu adverse. Pire : ses relances sont médiocres, ses pertes de balle quasiment aussi nombreuses que ses récupérations et son jeu de passe se retrouve réduit à néant. Il ne casse plus les lignes et se contente de remettre le ballon en arrière ou sur les cotés.

Matuidi en action – HACHE/AFP/Getty

Marco Parolo est l’opposé de Matuidi. Connu uniquement des vrais amateurs au-delà des frontières italiennes, le milieu de 30 ans (un de plus que le Français) est beaucoup plus discret sur le terrain. Que des courses utiles, pas de remontées folles pour finir par s’empaler dans un adversaire… Parolo tire sa force de sa vision du jeu, avec des interventions décisives devant la défense et de belles ouvertures ou des passes simples pour relancer proprement son équipe. Offensivement, c’est un habitué des grosses frappes et possède un très bon jeu de la tête.

Contrairement à Matuidi, Parolo n’est jamais exceptionnel en cours de saison. Il est solide, propose toujours des prestations de qualité, ne coule jamais, mais ne brille pas non plus. C’est dans les grands rendez-vous qu’il se révèle, toujours. Que ce soit dans les parcours européens avec la Lazio ou avec l’Italie. Une capacité à répondre présent au bon moment qu’il a encore prouvée contre la Belgique, lors du premier match de l’Italie lors de l’Euro 2016. Si Parolo n’aura pas été l’Italien le plus en vue (De Rossi, Candreva, Bonucci), il aura été un des plus précieux. Par son positionnement respecté, un peu plus haut de que d’habitude pour lui, permettant à la fois d’annihiler les attaques adverses et de remonter des ballons de qualité, mais aussi par sa combativité et son intelligence de jeu. Une intelligence grâce à laquelle il ne se sera jamais épuisé et aura pu rester lucide jusqu’à la fin.

Au suivant – PINTO/AFP/Getty

Parce que l’Italie

Pour les fans du PSG et les inconditionnels de l’Équipe de France qui n’auraient pas encore fermé rageusement cet article, rassurez-vous. Le but ici n’est pas de critiquer Matuidi, qui reste un bon joueur à son poste de milieu central gauche, mais simplement de revenir sur un idée reçue. Parce que si Matudi est bon, les deux entraîneurs qu’il aura côtoyés plus d’un an sont Galtier et Laurent Blanc. Pas vraiment ce qui se fait de mieux pour progresser et pour acquérir un vrai bagage tactique, seule arme qui fait vraiment défaut au Parisien.

De l’autre coté, Parolo est passé entre les mains de grands entraîneurs, comme Conte. Il peut jouer à quasiment tous les postes au milieu de terrain, sait s’adapter à n’importe quel système et possède une palette bien plus grande que son homologue français. Seulement, son envergure internationale est moindre à cause des performances de la Lazio, parce qu’il est Italien et parce qu’il n’est pas bankable. D’ailleurs, l’écart de valeur entre les deux joueurs est énorme, puisque Matuidi est estimé à 30 millions d’euros par Transfermarket contre simplement 6,5 pour Parolo.

Finalement, et si cette situation nous convenait ? Que Matuidi passe aux yeux de plus grand nombre comme un titulaire indiscutable du PSG et de l’Équipe de France et un des meilleurs au monde et que, jusqu’à sa retraite, Parolo reste reconnu uniquement en Italie et qu’il continue à faire le bonheur de la Serie A. Un championnat où sa justesse tactique et ses déplacements intelligents, jamais inutiles, ne seront jamais taxés de “laxisme” ou de “nonchalance” et où il ne sera jamais critiqué parce qu’il “n’en fait pas assez” (#Pogba).