Serie A : Bilan de fin de saison

19 mai 2016 1 Par SAMA

Du suspens à tous les étages, une Juventus renversante, Higuain en feu, l’Udinese à un cheveu d’être relégué… Retour sur une folle année 2015-2016 en cinq points.

Pennicino/Getty

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Le joueur

Malgré les critiques sur sa hargne, les moqueries sur sa graisse en trop et les 0 titres récoltés par le Napoli cette saison, Gonzalo “Pipita” Higuain aura battu d’une unité le record de buts en une saison en Serie A et se sera imposé comme le joueur incontournable. Après 66 ans, Gunnar Nordahl est effacé des tablettes par les 36 réalisations de l’Argentin, qui aura prouvé qu’il est un des plus complets à son poste. Rapide, physique, des deux pieds, de la tête, complètement fou… Qui peut faire mieux que lui ?

Les tops

Après avoir accusé 11 points de retard sur le leader romain fin octobre, la Juventus s’est reprise et a enchaîné plus de 20 matchs sans défaite, retrouvant sa solidité défensive et une maîtrise sur les rencontres qu’elle avait perdue depuis le début de saison. Grâce à Allegri, des tauliers au sommet de leur forme et des recrues convaincantes (Dybala, Khedira, Alex Sandro, Mandzukic), la Vieille Dame enchaîne son 5ème titre consécutif. Pour la Roma, qui avait connu un coup de mou en fin d’année, c’est Luciano Spalletti qui a remis le groupe dans le bon sens. Arrivé en janvier à la place de Rudi Garcia, il a su assurer la 3ème place à son club avec un jeu offensif (Perrotti, Salah, El Shaarawy) et un milieu de terrain solide. Enfin, mention spéciale à Bologne qui, tout juste remontée de Serie B, termine 14ème avec un effectif constitué de jeunes espoirs (Masina, M’Baye, Diawara) et de vieux briscards (Mirante, Giaccherini, Destro, Floccari, Gastaldello), le tout emmené par Roberto Donadoni.

Les flops

Mais qu’ont fait les supporters de l’AC Milan pour mériter ça ? Le club n’a toujours pas été vendu, l’équipe termine 7ème et ne jouera même pas l’Europa League la saison prochaine (sauf victoire contre la Juventus en Coupe d’Italie), la direction n’a pas laissé le temps à Mihajlovic de finir la saison et l’a remplacé par Brocchi (tout juste devenu entraîneur)… La saison prochaine s’annonce encore longue. Du coté du Torino, malgré un recrutement jeune et intéressant (Baselli, Zappacosta, Belotti, Acquah), les hommes de Ventura n’ont pas fait mieux que la 12ème place. Dommage lorsqu’on se rappelle leur parcours européen totalement fou de la saison passée.

Pour l’Udinese, cela a failli être le drame. Alors que le club a inauguré son nouveau stade, la Dacia Arena, cette année, l’équipe a fini à un point de la relégation. La faute à un Di Natale blessé, une défense trop fragile et un système de jeu jamais vraiment assumé à 100%. Le dernier flop est à chercher du coté de la Sampdoria avec son entraîneur Montella. Arrivé en novembre à Gênes et doté d’une réputation de grand entraîneur en devenir (avec notamment un passage à la Fiorentina très réussi), l’ancien attaquant n’aura jamais réussi à proposer le moindre spectacle ni à trouver une tactique équilibrée. Pour preuve, le derby de Gênes perdu début mai 0-3 contre le Genoa.

Le beau jeu

Derrière la Juventus on retrouve le Napoli, solide deuxième malgré la fin de saison canon de la Roma. Si cette seconde place est à mettre en partie au crédit de Gonzalo Higuain, elle aura aussi été permise par Maurizio Sarri, le nouvel entraîneur. Prônant un style de jeu direct et offensif, le Napolitain a très vite composé une équipe ultra équilibrée, avec un milieu Hamsik-Jorginho-Allan de choc. Pour ce qui est des contres assassins, Sassuolo n’a pas démérité, en témoigne une 6ème place permettant à l’équipe de Di Francesco d’accéder à l’Europa League. Un exploit. L’autre “petit” club spécialiste du beau jeu, plus construit cette fois, c’est Empoli. L’ancienne équipe de Sarri a gardé ses principes, alternant attaques placées et contres-attaques foudroyantes. À la baguette, les deux pépites Saponara et Paredes, qui ne devraient pas rester au club longtemps.

Les départs

Trois grands buteurs ont fait leurs adieux ces derniers jours. D’abord, Luca Toni, renard infatigable, auteur de 317 buts en 693 matchs de carrière, connu pour sa folle célébration et son élégante discrétion. Il termine son parcours professionnel avec une saison ratée à l’Hellas Vérone, relégué. Autre légende à partir sur une déception : Antonio Di Natale. Après 12 ans à l’Udinese, 227 buts et 447 matchs, il raccroche les crampons au sortir d’une saison où il n’aura été que 14 fois titulaire et souvent blessé. Enfin, c’est Miroslav Klose, buteur pendant 5 ans de la Lazio Rome qui quitte l’Italie (mais ne prend pas forcément sa retraite). 171 matchs pour 63 buts, une classe folle, une discrétion rare, un esprit d’équipe et de fair-play incroyables… La Lazio perd gros. Et ce n’est pas Djordjevic qui le fera oublier.

Ciao Antonio… Panato/Getty

@nicolas_basse