Ciao Luca Toni

Ciao Luca Toni

5 mai 2016 0 Par SAMA

On s’en doutait depuis des semaines, mais c’est désormais officiel. Luca Toni prendra sa retraite en fin de saison. Le football perd un de ses derniers grands renards des surfaces.

Luca Toni contre la Juventus. GIUSEPPE CACACE / AFP

« Après tant d’années passées à jouer au football, 22 en tant que professionnel, je pense qu’il est temps pour moi de dire au-revoir ». C’est ainsi que le géant d’1m96, Luca Toni, a annoncé sa retraite en fin de saison mercredi 4 mai. Ému, l’attaquant Italien s’est aussi dit “à bout mentalement”, au sortir d’une saison “horrible” avec le Hellas Vérone. Horrible pour le club, relégué en Serie B mais aussi pour lui, puisqu’il n’aura marqué “que” 5 buts et aura connu quelques pépins physiques lui empêchant de finir sa carrière sur une belle note.

S’il sort pas la petite porte, Luca Toni mérite le respect. Pour avoir réussi à surmonter la mort de son enfant le jour de sa naissance, évidemment, même s’il s’agit là d’un drame privé. Pour sa précision devant le but, surtout, qui aura enchanté des millions de spectateurs et fait le bonheur de 15 clubs différents, dont la Roma, Palerme, la Fiorentina ou encore le Bayern Munich. Pas mal pour un joueur qui aura passé sa carrière loin des médias, cultivant l’ombre et l’humilité.

Pas mal surtout, ses 327 buts en 696 matchs, toutes compétitions et tous clubs confondus. Encore plus joli, son palmarès : champion du monde en 2006, meilleur buteur de Serie B, meilleur buteur de Serie A, meilleur buteur de Bundesliga, soulier d’or 2006 ou encore champion d’Allemagne. Seul bémol majeur à sa carrière : seulement 16 buts en 47 matchs avec la Nazionale. Un rôle de buteur numéro 1 de l’équipe d’Italie pour lequel il n’aura pas totalement convaincu. À sa décharge, ni Vieri, ni Totti, ni Inzaghi n’auront réussi à faire bien mieux que lui. (Et ne parlons pas de Gilardino, Balotelli ou encore Immobile).

Pour Toni, c’était “le football qui compte”, pas grand chose d’autre. Une preuve ? Sa folle célébration, pleine de joie, qui a marqué les esprits, fait sourire ses admirateurs et rendu pâles tous ses adversaires. Les supporters des équipes qu’il a affrontées lui en ont-ils voulu ? Pas sûr… Comment ne pas se réjouir devant une tel bonheur de marquer ? Comment ne pas être agréablement surpris de voir un tel tueur, plein de sang froid, se transformer en grand enfant en quelques secondes ?

Un vrai assassin, même. Technique malgré son quasi double-mètre, habile avec ses grandes jambes, précis du pied gauche comme du droit et imbattable de la tête. Et pas grave si Luca doit claquer une petite course de 20 mètres ou soulever sa grande carcasse à l’horizontale pour lâcher un ciseau quand il s’agit de marquer. Pas grave non plus s’il pousse le ballon du tibia, du genou ou de l’arrière de la tête dans les filets. Chaque but a la même saveur.

Dans notre monde plein d’Aguero, Suarez, Messi, CR7, Neymar, Bale et autres “attaquants du XXI”ème siècle”, il y en aura pour (oser) dire qu’il était temps que Luca Toni prenne sa retraite. Nous ne sommes pas de ceux-là. D’ailleurs, silencieusement, nous espérons que cet été un petit club de Serie A nous l’annonce : “Luca Toni a décidé de sortir de sa retraite pour une dernière pige. Après de courtes discussions, il nous a semblé logique de faire confiance à un tel joueur d’expérience pour nous assurer une dizaine de buts cette saison et un exemple dans notre effectif”.

Si cela n’arrive pas, il nous suffira de fermer nos yeux et de revoir ces images pour nous consoler : Luca Toni se relevant difficilement de terre après avoir marqué une tête surpuissante, courant vers les tribunes avec une trajectoire elliptique et agitant sa main à coté de son oreille, avec le plus grand sourire jamais vu.