“Je veux être la femme de l’ombre, pas une présentatrice !”

“Je veux être la femme de l’ombre, pas une présentatrice !”

1 décembre 2015 1 Par SAMA

Vous voulez suivre l’actualité du Barça et plus généralement celle du football Espagnol ? Alors aucun doute, c’est vers @Lamia qu’il faut se tourner. Sur son compte twitter, sur celui de @FRLiga ou sur le site footespagnol.fr, cette jeune journaliste distille informations précieuses et commentaires en direct. Nous l’avons interviewée.

Peux-tu te présenter ?

J’ai 21 ans et je suis en école de journalisme à l’ISCPA, à Paris. Mon but est de m’orienter dans le journalisme sportif, en particulier dans le football. Je pratique la danse latine et la musculation.

Comment t’es venue la passion du football ?

J’ai grandi dans un milieu masculin, au contact de mes oncles, mes cousins ou encore de mon frère. On regardait souvent le football à la télévision. Avec mon petit frère s’est construite une rivalité depuis nos 6, 7 ans, puisque je suis pour Barcelone et lui pour le Real Madrid. Chacun a choisi son camp. Depuis plusieurs années je regarde Barça TV et j’apprends l’espagnol pour le parler couramment et être journaliste en Espagne. Mais attention, je ne veux pas être présentatrice ! Je veux être la femme de l’ombre.

Lamia au stadeDans quelles conditions regardes-tu un match à la télévision ?

Je suis sur un pouf, collée à la télévision, avachie, parfois avec un maillot sur le dos et il faut surtout que personne ne me parle ou ne me dérange. Ma mère se plaint souvent parce que je crie lorsqu’il y a un but de Barcelone !

Est-on perçue différemment lorsqu’on est une femme aimant le football ?

Au début, mes copines étaient choquées. Quand je dis que j’aime le football à des gens que je ne connais pas, ils répondent tout de suite : “on ne dirait pas”. À celles qui n’aiment pas le foot, je n’en parle pas mais elles acceptent ma passion et s’adaptent. Certaines sont plus curieuses et me posent des questions, s’intéressent au sujet. Les garçons sont surpris mais 80% vont en parler avec moi et le voient comme quelque chose de positif ! Certains me considèrent presque comme un pote.

Depuis quand travailles-tu sur le foot espagnol ?

J’ai créé le compte @FrLiga avec un ami en décembre 2013 et la barre des 10 000 followers a été dépasséetrès récemment. J’écris également bénévolement sur footespagnol.fr, un site très fiable qui relate l’actualité du football Ibérique. Nous ne sommes que très peu dessus et je m’investis beaucoup. Pendant les pauses en cours, le midi, dans les transports, je m’occupe du site, des contenus et j’essaie d’enrichir les articles avec l’actualité des plus petits clubs comme Getafe ou Cordoue.

Comment utilises-tu twitter ?

C’est un outil professionnel. Cela me permet de créer un réseau de journalistes et de suivre toute l’actualité footballistique. Avant, je m’enflammais mais je suis plus sobre désormais !

Que penses-tu du nombre élevé de femmes qui twittent à propos de foot ?

Je suis très contente de voir des femmes qui s’imposent, qui sont indépendantes et revendiquent leur passion. C’est un bon signe qu’elles soient de plus en plus nombreuses car, à l’image des équipes féminines, la femme commence à vraiment trouver sa place dans ce sport.

As-tu déjà subi des remarques sexistes ou péjoratives ?

J’ai surtout été attaquée par 5 ou 6 personnes, toujours les mêmes. Ils m’envoyaient des insultes gratuites, voulaient juste me descendre. On a rarement dénigré mon avis parce que j’étais une femme. Et dans la réalité, je n’ai que des bonnes remarques !

Suis-tu la Serie A ?

Je regarde de temps en temps la Premier League mais la Serie A ne me branche pas trop. Je sais que c’est un bon championnat, mais je ne le trouve pas passionnant. Peut-être parce que je n’ai pas le temps de m’y intéresser.

Y-a-t’il un joueur et un souvenir qui t’ont particulièrement marquée ?

J’aimerais déjà citer Victor Valdès et dire mon admiration pour ce poste dénigré qu’est le gardien de but, trop souvent critiqué ou moqué dès qu’il y a une erreur de commise. Mais celui qui se détache pour moi, c’est Pedro. Je lui ai consacré mon premier article. Il n’a jamais été mis en valeur alors qu’il a énormément apporté à Barcelone.victor valdes C’est mon vrai chouchou. D’ailleurs, mon meilleur souvenir le concerne. La veille d’un France-Espagne, j’étais allée à l’aéroport avec deux amies pour voir les joueurs Espagnols. Après avoir un peu baratiné les gardes du corps, nous avons eu quartier libre pour nous mêler à la zone des Espagnols avec la seule consigne de ne pas “leur sauter dessus”. J’ai pu parler avec Pedro et faire des photos avec tous les joueurs ! Au moment de faire un selfie avec Pedro, j’ai été poussée par le garde du corps, mais j’ai réussi à ramener 3 maillots dédicacés. C’était un rêve d’enfant.

@nicolas_basse